Au cimetière de la pellicule

un projet documentaire de Thierno Souleymane Diallo

en coproduction avec Les films de la lagune (Sénégal)

 

En 1953, Mamadou Touré réalisait Mouramani un film de 23 minutes. Pour beaucoup de personnes ce film est le premier film réalisé par un noir d'Afrique francophone. Ce film reste un mystère, tout le monde en a entendu parler mais personne ne l'a jamais vu, personne ne sait non plus où se trouve la copie s'il en reste une. Mon film, c'est cette quête.

Rechercher ce film c'est pour moi une manière de faire mon Mouramani. Et ce film parle de nos films, interroge le regard des autres sur ce que peut être le cinéma, car chez moi, en Guinée, faire du cinéma est vraiment considéré comme une perte de temps par la plupart des gens.

J’irai donc "perdre mon temps" dans la ville où Mouramani a été tourné, à dos d’âne et camera au poing pour chercher les décors dans lesquels le film aurait pu être tourné. Caméra à la main et pieds nus, j'irai dans les rues de Conakry, confrontant ma caméra à la fureur des gens qui veulent toujours lui confier leur colère. Je filmerai aussi les enfants qui pensent que faire du cinéma c’est obligatoirement mettre en scène la violence…

J’irai à la Cinémathèque Afrique de l'Institut français de Paris, pancarte au dos pour réclamer le retour de Mouramani au pays. Mais est-il là-bas ?

Si l’issu est heureuse, je ramène le film et le projette dans la seule salle qui résiste encore à Conakry. Si je rentre bredouille, tant pis, je tournerai mon propre Mouramani.

Tag(s) : #Films en développement

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