L'image d'après invitée aux 3 èmes rencontres cinématographiques
dédiées aux films d'archives les 2 et 5 avril 2009



Edito

"Au travers de programmes d’archives amateurs, de films faits d’archives mais aussi de films considérés aujourd’hui comme des documents, retours vers le futur, reviendra sur la chanson à l’écran (La Chanson filmée, Pochette surprise sur l’histoire du clip et Discorama, signé Glaser), sur quelques icônes du monde musical – Chet Baker, les Beatles, les Clash–(Let’s Get Lost, Quatre garçons dans le vent, Joe Strummer : the Future is Unwritten) ; explorera les relations entre bande sonore et archives (Free Fall, Sous les drapeaux, Of Time and the City, le programme Ritournelles, le retour) et mènera une quête pour retrouver les voix du passé (programme À la recherche des voix perdues et le Ciné-mix/Discours filmés).
Pas de parcours, sans chemins de traverses : l’archive sonore sera au rendezvous (Radio conférence De l’archive à la world music, exposition de la pièce sonore Le Poids des images se gagne avec l’âge), tandis que l’exposition Yves Bélorgey/Bernd et Hilla Becher, à la galerie de l’École Municipale des Beaux Arts, étendra le champ de notre manifestation aux arts visuels.
Par son caractère polyphonique, cette édition réveillera assurément, en chacun d’entre vous, la petite musique de vos souvenirs et de notre mémoire…"  Bénédicte Dominé




Jeudi 2 avril: Attention, archives en chantier!
A partir de 10h00


Dans le cadre des rencontres professionnelles animées par Valérie Vignaux, maître de conférence en Histoire et Esthétique du cinéma, L'image d'après est invitée à présenter un film en cours de production pour parler de la place des archives dans celui-ci:

"Né sous Z",  de Frédérique Pollet Rouyer
Production: INA - L'image d'après

Après la défaite en Indochine, plusieurs milliers d'enfants furent rapatriés en France, loin de leurs mères vietnamiennes abandonnées au pays, et oubliés de leurs pères, militaires français, qui ne les avaient pas reconnus. Robert fut l'un d'eux. Rattrapé par son passé, la quête qu'il mène remonte un pan méconnu de l'histoire coloniale française. Les trajets géographiques qui le conduisent du Nord au Sud de la France et au Vietnam se doublent d'une traversée des archives des époques successives auxquelles s'écrit son histoire. La question politique du métissage habite ce film qui parle du sang, de la domination d'un peuple par un autre et des blessures de la guerre.

Frédérique Pollet Rouyer aura à ses côtés Maud Martin, productrice à L'image d'après, pour aborder ce que portent
et travaillent les archives dans ce film.


Dimanche 5 avril à 17h00 : projection

"Sous les drapeaux",  de Henry Colomer
Production: AMIP / L’Image d’après / Arte France / TV Tours / Bip Télévision
Distribution : AMIP
France, 2008, 45 minutes

Par le biais des étoffes, Sous les drapeaux retrace l'histoire européenne de la fin du XIXe siècle au milieu des années 30. Drapeaux, étoles et chasubles, uniformes, costumes, froufrous, métiers à tisser, machines à coudre, langes, draps, pansements, linceuls. À partir d'images d'archives, et sur une musique composée par Jacopo Baboni Schilingi pour orchestre, quatuor à cordes amplifiées et électronique, Henry Colomer s'attache à ces tissus qui accompagnent la vie des hommes de la naissance à la mort, pendant l'immense tragédie collective née de l'exacerbation des nationalismes, et jusqu'à la montée des régimes totalitaires qui a suivi.
À la veille de la Grande Guerre, voici le « petit théâtre des apparences » où les vêtements, les bannières, les ornements, disent les identités, les appartenances, les valeurs d'une société rigide et stratifiée. Une gigantesque compétition cérémonielle précède le conflit devenu inévitable : l'exacerbation des nationalismes a été la grande affaire du XIXe siècle ; des milliers de soldats défilent dans les rues des grandes capitales et préparent les esprits à l'affrontement. On connaît la suite : très vite, les costumes d'opérettes laissent la place aux linceuls couverts de boue, aux masques à gaz, aux pansements souillés des amputés.
Le film, qui oriente souvent le regard vers les femmes, consacre des séquences importantes à la camaraderie des infirmières et des blessés, ainsi qu'aux ouvrières en vêtements d'hommes qui ont remplacé les soldats à l'arrière. La guerre terminée, les vêtements noirs des veuves, les cérémonies interminables, les remises de médailles, disent un deuil impossible. Pendant qu'on s'enivre de danse pour oublier, les chemises noires marchent sur Rome, les croix gammées font leur apparition en Allemagne, Staline s'installe au pouvoir en URSS… Sous de nouveaux drapeaux, de nouveaux emblèmes, de nouveaux uniformes, se mettent en place les régimes totalitaires qui déclencheront le conflit suivant.

Séance en présence du réalisateur Henry Colomer.


Pour télécharger le programme complet du festival, cliquez ici
Tag(s) : #Archives

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